Organt, poême en vingt chants.
Au Vatican [Paris], sans nom [Demonville], 1789. 2 tomes en un volume in-18 de 160-4-170 pages, plein maroquin olive, dos à nerfs et plats décorés de filets à froid, tranches dorées, étui. La reliure est signée Lobstein-Laurenchet.
Édition originale d’une insigne rareté, publiée anonymement en mai 1789; exemplaire de première émission. " Le futur conventionnel, alors âgé de 22 ans, tentera en vain de la supprimer par la suite. A peine paru, l’ouvrage fut frappé d’interdiction, puis saisi par la police. Poème érotique et satirique où transparaissent les attaques de Saint-Just contre la royauté et la religion. Il met en scène des personnages de l'époque sous des noms supposés: Cunégonde (Marie-Antoinette) ou Pépin (le comte de Provence)... L'exemplaire est complet de la Clef des personnages: quatre pages gravées qui n'ont été jointes qu'à quelques rares exemplaires. La publication de l'ouvrage avait amené Saint-Just à Paris. Le spectacle de la révolution naissante le transporta d'enthousiasme et le sortit de son oisiveté; il dit adieu à la poésie, comme pour mieux justifier la laconique préface: « J’ai vingt ans ; j’ai mal fait ; je pourrai faire mieux. » André Malraux (Le Triangle noir) a relevé dans Organt son caractère d’apocalypse et de manifeste voilé, l'obsession du destin et quelques vers prophétiques: - Un trône n’est qu’un bloc où chacun peut s’asseoir. - De tout côtés règne un calme farouche / Et la terreur vole un doigt sur la bouche." Notice J. Quentin. Quelques très pâles rousseurs. Brunet, V, 52; Viollet Le Duc, Bibliothèque poétique, 1847, p. 98 : « De la plus grande rareté. » Drujon, Les Livres à clef, 734.