Référence :18652

Histoire d'un crime. Déposition d'un témoin.

HUGO Victor:

Paris, Calmann-Lévy, 1877 -1878. 2 volumes grand in-8 de [8]-323-[5]; [4]-337-[3] pages, demi-maroquin marron à coins, dos à nerfs ornés de filets dorés, couvertures conservées, non rognés, témoins conservés. Reliure signée Canape.

Edition originale, un des 40 exemplaires numérotés sur papier de Hollande (35), après 20 Chine. Rédigé entre 1851 et 1852 "par une main chaude encore de la lutte contre le coup d'État. [...] Le manuscrit de 1851 a été fort peu retouché. il est resté ce qu'il était, abondant en détails et vivant, on pourrait dire saignant, de réalité" (note de l'auteur). Pris d'une violente crise de paresse, je transcris ici la belle présentation du livre par les éditions de La fabrique qui ont publié ce texte préfacé par Jean-Marc Hovasse, accompagnés de notes et notices par Guy Rosa: « Malheur à qui resterait impartial devant les plaies sanglantes de la liberté ! » Histoire d’un crime est tout sauf un livre impartial. C’est le récit, à la première personne du singulier, d’un homme qui était à la veille du 2 décembre 1851 un écrivain illustre, académicien, pair de France sous Louis-Philippe, député à l’Assemblée nationale, et qui soudain devient un proscrit. Errant d’appartements d’amis en arrière-salles de marchands de vin, Hugo tente d’organiser la résistance au coup d’État, de soulever le faubourg Saint-Antoine, avec Schoelcher, avec de Flotte, avec Baudin qui s’y fera tuer (« J’aperçus, à cent pas devant nous, au point de jonction de la rue de Cotte et de la rue Sainte-Marguerite, une barricade très basse que les soldats défaisaient. On emportait un cadavre. C’était Baudin. ») Il croise les futurs notables du Second Empire (« Tiens ! me dit M. Mérimée, je vous cherchais. Je lui répondis : j’espère que vous ne me trouverez pas. Il me tendit la main, je lui tournai le dos. ») Il visite les barricades dressées au centre du vieux Paris, « Une à la pointe Saint-Eustache. Une à la Halle aux huîtres. Une rue Mauconseil. Une rue Tiquetonne… Une plus avant dans la rue Greneta barrant la rue Bourg-l’Abbé (au centre une voiture de farine renversée ; bonne barricade)… » Dans la soirée, « je rentrai dans mon asile. J’étais las, j’avais faim, j’eus recours au chocolat de Charamaule et à un peu de pain qui me restait ; je me laissai tomber dans un fauteuil, je mangeai et je dormis.» Un récit heure par heure d’événements oubliés, un document exceptionnel contre la réhabilitation rampante de Louis Bonaparte. Un bel exemplaire d'un livre important!

1,700.00 CHF